1980 — 2000

Le navire amiral de la recherche française

Panneaux posés par les personnes de passage sur la base Concordia, Antarctique

© B. Jourdain/IPEV/LGGE/CNRS Photothèque

Le CNRS reçoit une nouvelle impulsion au début des années 1980, après l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

Le contexte est très favorable : les débuts du septennat sont marqués par la désignation d’un nouveau ministre d’État à la Recherche, par l’organisation, à travers le pays, d’assises régionales dont la synthèse est opérée lors d’un grand colloque national à Paris, puis par la préparation et le vote le 15 juillet 1982 d’une loi d’orientation et de programmation inscrivant la recherche scientifique et le développement technologique parmi les priorités nationales de la France. Cette période voit également la création de deux nouveaux organismes de recherche, le Cemagref, en 1981, dont les recherches couvrent le vaste domaine de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement, et celle de l’Ifremer en 1984, dans le domaine des sciences de la mer.

Le président de la République François Mitterrand, le ministre de la Recherche Hubert Curien et le directeur général du CNRS, François Kourilsky

© Fonds historique/CNRS Photothèque

Vue d'intérieur de la Protein Factory de Marseille. Dans ce laboratoire, les équipes recherchent des cibles potentielles pour les antibiotiques de demain, en collaboration avec Aventis Pharma

© E. Perrin/CNRS Photothèque

La recherche et le développement technologique deviennent une priorité nationale.

Le CNRS, de plus en plus souvent dépeint dans les médias comme « le navire amiral de la recherche française »

se place à la pointe de ce mouvement. Les évolutions qui surviennent alors marquent tout d’abord les statuts, ceux de l’organisme aussi bien que de ses personnels : tandis que le CNRS devient le premier « établissement public à caractère scientifique et technologique » (EPST), ses personnels, eux, en vertu de la loi de 1982 et de décrets d’application parus en 1984, deviennent titulaires de la fonction publique.

Du point de vue de la science elle-même, le rôle du CNRS se manifeste entre autres au travers de sa participation à l’ensemble des programmes nationaux mobilisateurs définis dans la loi, tant au niveau des recherches fondamentales – noyaux et particules, Terre et atmosphère, etc. – que dans des champs plus finalisés – énergie, agroalimentaire, robotique, médicaments, etc. Ces actions sont aussi déclinées, au niveau du Centre lui-même, au travers de nouveaux programmes interdisciplinaires consacrés à l’énergie, aux matières premières, aux matériaux, à la connaissance des océans ou à l’innovation thérapeutique.

Claude Lorius à Pôle Sud avant le départ pour Vostok en 1984, Antarctique

©J. R. Petit/CNRS Photothèque

L’établissement compte désormais plus de 26 000 agents.

Au-delà de ces initiatives transversales, la création de départements scientifiques vient structurer l’action du CNRS dans tous les domaines de la recherche.

À l’aube des années 1990, l’établissement, qui compte désormais plus de 26 000 chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs, s’appuie sur sept départements, couvrant la physique nucléaire et corpusculaire, les mathématiques et la physique de base, les sciences pour l’ingénieur, la chimie, les sciences de l’Univers, les sciences de la vie et les sciences humaines et sociales.

Ce découpage et ces appellations ont évolué depuis, au gré de l’apparition et de l’essor de nouveaux champs au sein d’une recherche en constante mutation : devenus des « instituts » en 2010, ils ont par exemple consacré une place spécifique aux enjeux de l’écologie et de l’environnement dès le début du XXIe siècle.

Prélèvement d'espèces phyto-planctoniques au large de la station biologique de Roscoff.

© W. Thomas/SBR/CNRS Photothèque

Téréphtalate d'aluminium poreux, nanomatériau aux propriétés adsorbantes, capable de piéger et capturer des molécules.

© G. Ferey/CNRS Photothèque

Culture en milieu liquide de cellules pluripotentes dérivées des tissus adipeux humains.

© E. Perrin/CNRS Photothèque

Le centre de recherches d’Odeillo

Extrait de « Le centre de recherches d’Odeillo », 1990, 13mn Auteur/réalisateur : Marie Cahoreau-Gallier Production : CNRS Audiovisuel
→ Vidéothèque

© S. Detalle/CNRS Photothèque

François
Kourilsky

Médecin et chercheur
Directeur général du CNRS de 1988 à 1994

La spécialisation qui naquit au XIXème siècle et avec elle, ce terme de discipline si suggestif, est nécessaire mais n’est pas un but en soi.

© J.-P. Defail/CNRS Photothèque

Pierre
Potier

Pharmacien, chimiste
Le chimiste des substances naturelles

La chimie est à la biologie ce que le solfège est à la musique. Il n’y a aucune exception à cela.

© P. Plailly/CNRS Photothèque

Nicole
Le Douarin

Biologiste du développement embryologiste
La faiseuse de chimères

Ils ont dirigé le CNRS

1981 — 1982

Jean-Jacques Payan

1982 — 1986

Pierre Papon

1986 — 1988

Serge Feneuille

1988 — 1994

François Kourilsky

1994 — 1997

Guy Aubert

1997 — 2000

Catherine Bréchignac